Adil Rami, bonjour. Comment as-tu appris ta convocation chez les Bleus ?
Après l'entraînement, je suis rentré à la maison. J'ai mangé, avant de me mettre devant la télé. Franchement, je n'y croyais pas trop. Je me suis branché sur un film. En gros, j'ai tout fait pour ne pas suivre l'annonce de la liste sur l'Equipe TV. La tentation a ensuite été trop forte, et j'ai zappé pour savoir... J'ai été surpris et heureux de lire mon nom.
Personne n'avait cherché à te joindre pour t'apprendre la nouvelle ?
J'avais éteint mon téléphone pour la sieste, et depuis que je l'ai rallumé, il n'arrête pas de sonner. C'est beau d'être appelé, je suis trop content. J'ai appelé la famille pour leur annoncer la nouvelle. Avec ma mère, on a partagé un moment fort en émotions. Là, je suis chez mon frère pour décompresser, et j'ai fait un transfert d'appel de mon portable vers ma s½ur. Je veux savourer ce moment tranquillement.
Ta première pensée quand tu as vu ton nom dans cette liste ?
C'est une super sensation. Qu'il est encourageant de savoir que le sélectionneur suit tes performances... Maintenant, je sais que c'est loin d'être acquis, car je profite de l'absence de certains joueurs, actuellement blessés, comme Boumsong ou Escudé. J'ai eu la chance d'être pris. A moi de me montrer à la hauteur de cette confiance. Ça passe par de bonnes performances avec le LOSC, car je dois aussi cette sélection aux performances collectives de l'équipe. Je peux ainsi m'épanouir au milieu de ce groupe, et je leur dédie cette sélection. Merci à toute l'équipe.
« A moi de me montrer à la hauteur de cette confiance. Ça passe par de bonnes performances avec le LOSC, car je dois aussi cette sélection aux performances collectives de l'équipe. »
Ta première apparition dans le groupe France remontait au mois de mars 2008...
L'an dernier, j'avais découvert un peu timidement Clairefontaine. Heureusement, Rio Mavuba m'avait servi de guide. J'ai une grosse pensée pour lui, car j'aurais aimé qu'il soit avec moi. Maintenant, je vais y aller en essayant de me faire une place dans ce groupe. Si je peux grappiller du temps de jeu, je me donnerai à fond. Mon but, ce n'est pas de faire une apparition sans lendemain. Je garde les pieds sur terre, car la concurrence est énorme en équipe de France. Je n'en suis pas moins ambitieux. J'ai envie de prouver au sélectionneur que je peux avoir ma place dans ce groupe. C'est le but de tout joueur professionnel.
Tu continues ton ascension vers les sommets. Tu confirmes ?
Oui, j'ai parcouru beaucoup de chemin depuis mes années à Fréjus. Je ne vais pas m'enflammer pour autant. Je ne suis pas non plus dans la peau d'un Ferdinand ou d'un John Terry. Je dois sans cesse me remettre en question. Je suis parti de tout en bas, et quand on escalade une montagne, il faut du temps pour grimper. Par contre, en l'espace de quelques secondes, la chute peut être terrible. J'en ai conscience.
Ces deux matchs contre la Lituanie, tu les appréhendes comment ?
Je préfère être sur le terrain ou sur le banc que devant ma télé. Il n'y a pas photo. Même si je suis novice, j'ai quelques repères au Stade de France, grâce au LOSC. Là, ce qui m'arrive, c'est beau. Je commence à toucher au plus haut niveau. Ça fait forcément plaisir. Je suis très fier de participer aux éliminatoires de la coupe du monde 2010. J'espère aider l'équipe à se qualifier.
« La concurrence est énorme en équipe de France. Je n'en suis pas moins ambitieux. J'ai envie de prouver au sélectionneur que je peux avoir ma place dans ce groupe. C'est le but de tout joueur professionnel. »
Ça va te faire quoi de te retrouver au milieu des stars de l'équipe de France ?
La première fois, j'avais eu la chance de discuter avec Thuram. Il m'avait donné quelques conseils, et franchement, je les ai suivi à la lettre. C'est formidable de côtoyer ce genre de joueurs. Il n'est plus là, mais être dans cette liste des 23, c'est vraiment extraordinaire. Je pense que je vais faire chambre commune avec l'autre nouveau, Gignac. Ça tombe bien, on s'est connus pendant les vacances à Marseille, l'été dernier. On a sympathisé. Nous avons un bon feeling tous les deux.
On peut te souhaiter quoi pour cette aventure chez les Bleus ?
De réaliser de très bonnes prestations si j'ai la chance de jouer. Je vais y aller sans complexe. D'ailleurs, je remercie aussi le coach Garcia, car il m'a beaucoup appris cette saison, notamment concernant mon potentiel offensif sur le plan aérien. Je vais te faire une confidence : si un jour j'ai la chance de marquer chez les Bleus, je lui dédicace, car c'est à son contact que j'ai progressé dans ce secteur de jeu. Il m'a toujours fait confiance, même lorsque j'étais moins bien. Enfin, dans un moment comme celui-là, je n'oublie pas le coup de starter que le coach Plancque m'a offert.
Gardiens : Steve Mandanda (Marseille), Hugo Lloris (Lyon), Cédric Carrasso (Toulouse)
Défenseurs : Adil Rami (Lille), Bacary Sagna (Arsenal/ANG), Rod Fanni (Rennes), William Gallas (Arsenal/ANG), Philippe Mexès (AS Rome/ITA), Sébastien Squillaci (FC Séville/ESP), Gaël Clichy (Arsenal/ANG), Patrice Evra (Manchester United/ANG)
Milieux : Abou Diaby (Arsenal/ANG), Alou Diarra (Bordeaux), Jérémy Toulalan (Lyon), Lassana Diarra (Real Madrid/ESP), Franck Ribéry (Bayern Munich/ALL), Yoann Gourcuff (Bordeaux), Samir Nasri (Arsenal/ANG)
Attaquants : André-Pierre Gignac (Toulouse), Karim Benzema (Lyon), Thierry Henry (Barcelone/ESP), Nicolas Anelka (Chelsea/ANG), Jimmy Briand (Rennes)




